La mort de Vincent Lambert, l’affaire continue

Vincent Lambert ce matin à 8 h 24 au CHU de Reims. Cette affaire, qui a déchiré la famille de cet homme devenu tétraplégique il y a onze ans, semble destinée à se prolonger après la demande d’autopsie.

Vincent Lambert

Vincent Lambert est né le 20 septembre 1976 dans une famille mixte de neuf enfants. Il est le premier enfant du couple formé par Pierre et Vivienne Lambert. Pierre Lambert, chef des sections de l’Association contre l’avortement, gynécologue et père de deux enfants. Vivian Filippon, sa secrétaire, a moins de 16 ans et a déjà trois enfants.

Vincent Lambert est reconnu en 1982 par son père biologique Pierre. Vincent passe son baccalauréat à Reims «et s’éloigne de la religion, du moins des options traditionalistes de ses parents, de la même façon que les membres de la fratrie». Il devient infirmier en psychiatrie au centre hospitalier de Châlons-en-Champagne, il rencontre une étudiante infirmière en psychiatrie, Rachel, il épouse le 24 avril 2007 et avec une fille plus tard.

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Depuis l’accident

2008 : Le 29 septembre5, un accident de la route provoque un traumatisme crânien qui plonge Vincent Lambert dans un coma végétatif, dont il sortira cependant6 pour atteindre un état de conscience minimal7 (« pauci-relationnel »).

2009 : Après un séjour au centre d’éveil de Berck-sur-Mer, Vincent Lambert est transféré au CHU de Reims.

2011 : Première expertise médicale de Vincent Lambert au COMA Science Group de Liège. L’expertise constate « une perception de la douleur et des émotions préservées ; l’essai de contrôle volontaire de la respiration met en évidence une réponse à la commande »

2012 : Après son retour au centre hospitalier universitaire de Reims, quatre-vingt-sept séances d’orthophonie ont été pratiquées pendant environ cinq mois, du 6 avril au 3 septembre 2012, pour tenter d’établir un code de communication ; ces séances ont échoué du fait de la non-reproductibilité des réponses.

2013 : Le 10 avril, son médecin conclut à une « obstination déraisonnable » au sens de l’article L.1110-5, et décide d’arrêter l’alimentation artificielle et de diminuer l’hydratation de Vincent Lambert.

2014 : Le rapport d’expertise demandé par le Conseil d’État, déposé le 26 mai, conclut que l’état clinique de Vincent Lambert correspond à un état végétatif », avec « des troubles de la déglutition, une atteinte motrice sévère des quatre membres, quelques signes de dysfonctionnement du tronc cérébral » et « une autonomie respiratoire préservée ».

2018 : Le 22 novembre, les experts mandatés par le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne confirment son « état végétatif chronique irréversible ». Le rapport indique également que ses « besoins fondamentaux primaires ne relèvent pas de l’acharnement thérapeutique ou d’une obstination déraisonnable » et que la condition médicale de Vincent Lambert « n’appelle aucune mesure d’urgence »

Le 20 mai 2019, l’arrêt des soins commence au CHU de Reims dans un premier temps, avant d’être suspendu à la suite d’une décision de la Cour d’appel de Paris plus tard dans la journée.

2 juillet 2019 ː à la suite de la décision de la cour de cassation du 28 juin, le médecin de Vincent Lambert annonce la poursuite de la procédure d’arrêt des soins initiée le 20 mai pour le jour même.

11 juillet 2019 ː Vincent Lambert meurt à l’âge de 42 ans.

l’Académie pontificale a insisté: «La mort de Vincent Lambert et son histoire sont une défaite pour notre humanité». «Ne construisons pas une civilisation qui élimine les personnes dont nous considérons que la vie n’est plus digne d’être vécue : chaque vie a de la valeur, toujours», a pour sa part dit le pape François.

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Voici l’histoire de Vincent Lambert, qui a résisté à la mort pendant onze ans , mais l’affaire est continue.

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