Plein emploi entre la France et les États-Unis

Le prix Nobel d’économie Paul Krugman a publié un tweet un brin provocateur expliquant que la France est plus proche du plein emploi que les États-Unis, outre-Atlantique, le chômage est pourtant historiquement bas à 3,7%.

La France est-elle plus proche du plein emploi que les États-Unis?

Selon FR.NEWS, paul Krugman relayait un article du New York Times, relatant que dans le département de l’Ain des entreprises ne parviennent pas à recruter, ce phénomène peut paraître paradoxale étant donné le niveau de chômage en France, ce dernier “est un mauvais indicateur”, pointe le prix Nobel de 2008, soulignant que “beaucoup préfèrent se focaliser sur l’emploi des 25-54 ans”, si l’on s’en tient à cet indicateur, la situation dans l’Hexagone est effectivement meilleure que de l’autre côté de l’Atlantique, le taux d’emploi, c’est-à-dire la part des personnes qui ont un travail par rapport à l’ensemble de la population, des 25-54 ans est de 80,6% en France, contre 79,4% aux États-Unis.

Le marché du travail est très actif, pour Pierre Cahuc chaque jour environ 10 000 emplois sont détruits et 10 000 emplois sont créés, ce phénomène de destruction créatrice n’est pas spécifique à la France, pour Pierre Cahuc il y aurait quelque pertinence à invoquer une loi des 15 %, néanmoins, la dualité mentionnée plus haut a conduit récemment Claude Picart5 à diviser par deux les flux d’emplois estimés par Pierre Cahuc, la loi des 15 % valable aux États-Unis deviendrait en France celle des 7 à 8 %.

Plein emploi: le chômage en France

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Le chômage des jeunes est sans doute l’un des défis majeurs pour les pouvoirs publics, Il dépasse les 20%, soit à peu près le niveau de celui du Portugal, mais bien loin de la moyenne de l’OCDE (11%), aux États-Unis et en Allemagne, il n’est respectivement que de 6,2% et 8,6%, l’Hexagone compte un nombre important de jeunes déscolarisés et sans emploi, trois points au-dessus de la moyenne de l’OCDE.

Le taux d’emploi tricolore des 25-54 ans, s’il est au-dessus de celui des États-Unis, reste encore bien en-dessous de celui de l’Allemagne, du Royaume-Uni et même du Portugal, ce qui au passage fait dire à Paul Krugman que “la vision de l’Europe comme un endroit gangrené par un chômage de masse tenace est dépassée de 10 ans”.

Le taux de chômage est calculé par rapport, non pas à la population totale, mais à la population active, cette notion regroupe les personnes en emploi et celles qui recherchent activement un emploi, Avec la crise financière, beaucoup d’Américains ont perdu leur travail et certains ont fini par renoncer à en chercher, ils sont aussi nombreux à être touchés par la crise des opioïdes qui sévit depuis plusieurs années aux États-Unis, totalement dépendants de ces opiacés, ils sont dans l’incapacité de travailler, dans ces conditions, la population active a alors diminué jusqu’en 2015.

Parallèlement, l’économie américaine, stimulée par la politique monétaire de la FED, s’est transformée en machine à créer des emplois, 200.000 par mois en moyenne depuis 2012, c’est donc sous la double impulsion de créations d’emplois dynamiques et de la sortie d’une partie de la population du marché du travail que le taux de chômage a chuté outre-Atlantique.

Le plein emploi

Le plein emploi est une situation d’une zone donnée dont le chômage est réduit au chômage frictionnel, il n’existe alors pas de difficulté particulière à trouver un emploi, cette situation correspond selon certains à un taux de chômage inférieur à 5 % au sens de l’OIT, alors que pour d’autres le plein emploi n’existe que lorsque le taux de chômage global est marginal (moins de 1%), il peut concerner l’économie entière, ou bien seulement certains marchés du travail, lorsque le passage d’un marché du travail à l’autre est faible, la Charte des Nations unies affirme le « plein emploi » dans son article 55 en chapitre IX, la Charte sociale européenne aussi l’affirme comme le droit au travail.

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